🌵 VERS UNE CHARTE DES CINEMAS VERTS  

Les cinémas, nous le savons, sont des lieux par nature très peu durables : consommation excessive d’énergie (projecteurs, climatisation), gaspillage (impressions de gazettes en grand nombre, confiserie), tri non ou mal maîtrisé, etc. Souvent reléguée au second plan de la gestion des cinémas englués dans les urgences de programmation et le manque d’effectif opérationnel, cette question pourrait cependant être mieux prise en compte dans la manière de travailler au quotidien, sans être pour autant très chronophage.

Car quand il est question de la « salle de demain », il ne saurait être uniquement question d’innovations techniques ou encore de la programmation de nouveaux contenus. A ce jeu-là, les moyens des multiplexes seront toujours plus importants que ceux des petites salles. Le risque est surtout de voir nos établissements développer un fonctionnement et une programmation de plus en plus proches des multiplexes et ainsi perdre leur ADN originel. Nous devons au contraire continuer à être les lieux que nous avons toujours revendiqués être, à juste titre : des espaces citoyens. Tout l’enjeu aujourd’hui est ainsi de (ré)concilier innovation et sauvegarde de pratiques qui ont fait l’identité de nos cinémas. Il nous a semblé tout à fait naturel et évident que cela devait se faire autour de l’écoresponsabilité.

Au printemps 2019, nous avons décidé de nous lancer collectivement dans une démarche d’envergure qui prendra la forme d’une charte écoresponsable. Tous les cinémas du réseau s’impliqueront dans sa rédaction, la signeront et l’appliqueront. Elle devra répondre aux enjeux collectifs liés à la gestion durable de nos cinémas, mais elle prendra également en compte les contextes particuliers de chaque établissement. Nos salles étant avant tout des lieux d’accueil de publics très variés, il nous a semblé, par ailleurs, indispensable d’associer nos spectateurs à cette action.

Après un premier travail de diagnostic interne des pratiques de chaque établissement (confiserie, énergie, communication, entretien, mobilité, etc.), nous pourrons mettre en place une série d’indicateurs et d’objectifs à atteindre et à consigner dans la charte. Ces indicateurs devront permettre aux salles de s’autoévaluer sur un rythme annuel. Le concept de développement durable prenant également en compte des notions humaines d’égalité et de mixité, une partie de l’intérêt se portera sur les questions de gestion des ressources humaines, le recrutement des salarié-e-s et bénévoles, l’égalité de traitement des sexes dans la programmation et la communication, ou encore l’accueil de tous les publics.

Si l’objectif principal est de travailler à l’échelle du réseau, il nous semble important de faire connaître la démarche au-delà des frontières d’Objectif Ciné 64, notamment par le biais d’ateliers que Marion Combelas, notre médiatrice, animera lors de journées professionnelles régionales, en partenariat avec l’association des cinémas indépendants de Nouvelle-Aquitaine, CINA (ex : journées pros de Biscarrosse les 5 et 6 septembre 2019). A ce stade précis, l’implication des médiateurs.trices recruté.e.s depuis près de deux ans sera sollicitée puisque la démarche pourrait être relayée et reprise dans les salles et réseaux qu’ils.elles représentent dans l’ensemble de la Région. Objectif Ciné 64 répondrait ainsi à un autre enjeu de taille : celui de faire du réseau des médiateurs.trices un tissu fort et repéré, actif et soutenu par des actions locales relayées régionalement, voire nationalement.

Certains cinémas sont dans des phases de préparation à des travaux de déménagement (Le Méliès à Pau) ou d’extension (Le Saleys à Salies-de-Béarn), alors que l’Atalante de Bayonne vient d’ouvrir un nouveau lieu à trois écrans : ces données sont évidemment à prendre en compte puisqu’elles impliquent que certains lieux sont déjà engagés dans une réflexion concrète sur l’aménagement de leurs espaces.

🌵 PARTENAIRES

Le pôle Agenda 21 du Conseil Départemental des Pyrénées-Atlantiques a déjà été approché sur ce projet et soutient pleinement l’initiative. Il sera une ressource indispensable dans le suivi de la mise en œuvre de la charte. Il pourra par ailleurs financer des actions spécifiques et ponctuelles qui rentreraient dans ses prérogatives (cycles de soirées-débats par exemple).

Par ailleurs, nous nous sommes rapprochés d’un certain nombre de structures locales (ADEME notamment) qui travaillent dans le secteur de l’écologie : elles seront essentielles pour les actions de sensibilisation, que ce soit auprès des équipes des salles ou auprès des spectateurs : leur connaissance des enjeux spécifiques sur ces questions, leur capacité à vulgariser un certain nombre de concepts et y proposer des solutions concrètes, ainsi que leur expérience d’initiatives comparables dans d’autres secteurs, en feront de précieux atouts dans la réalisation de cette charte.

🌵   ECOLOGIE ET EDUCATION POPULAIRE

La démarche ne sort pas de terre et s’inscrit dans une ambition forte insufflée par l’arrivée de notre médiatrice, qui traverse toutes ses propositions : faire des salles du réseau des lieux d’éducation populaire. Ainsi, repenser la place de l’individu dans son environnement passe par repenser sa place dans la salle de cinéma en elle-même. Le rendre spectacteur, c’est l’impliquer dans la vie du cinéma, à toutes les échelles possibles. Nous imaginons plusieurs façons de répondre à cette volonté. Nous souhaitons tout d’abord que les spectateurs puissent prendre part à la rédaction de la charte elle-même. Leurs propositions seront recueillies dans des boîtes à idées disposées à l’accueil des cinémas.

Dans le même temps, une saison de programmation spécifique et repérée, mise en place par notre médiatrice, sera proposée à l’ensemble des salles du réseau : à l’attention du jeune public (ateliers d’éco-conception autour de films adaptés, projets en temps scolaire sur du plus ou moins long terme lorsque cela sera possible, partenariats avec des centres socio-culturels ou centres aérés…) mais aussi vers le public adulte (ateliers d’aménagement d’une partie de l’espace des cinémas quand ce sera possible, fabrication de produits ménagers bios et écoresponsables, soirées-débats utilisant des méthodes d’éducation populaire…).

Nous souhaitons à terme recruter des spectateurs.trices qui seront prescripteurs.trices auprès de l’ensemble du public, à l’aide de cartons-écrans diffusés dans les salles, d’informations dans les gazettes, de communiqués de presse. Seront favorisés des temps de réflexion collectifs entre équipes des salles et spectateurs.trices, pour s’assurer de l’avancée du projet.

Enfin, le public est aussi responsable de la bonne gestion des lieux : trop souvent, des comportements dénotent un manque de sensibilisation aux questions d’écologie ou de citoyenneté (gaspillage, détériorations, utilisation des téléphones portables pendant les séances, etc.). La charte en tiendra compte.

🌵 RETROPLANNING

Eté 2019

  • Rédaction d’un questionnaire à destination des salles : diagnostic des pratiques et habitudes
  • Rencontres avec structures partenaires potentielles

Septembre – décembre 2019

  • 1 journée de rencontre professionnelle interne avec mise en évidence de problématiques concrètes
  • Mise en place d’une communication auprès des spectateurs
  • Sollicitation de subventions sur cet axe particulier

Janvier – mars 2020

  • Bilan-étape des diagnostics des salles et récolte des idées des spectateurs
  • Rédaction d’une synthèse par la médiatrice sur les objectifs collectifs
  • Rencontres avec les spectateurs prescripteurs et les équipes des salles pour dégager les objectifs individuels

Avril – juillet 2020

  • Rédaction définitive du socle commun de la charte et des clauses particulières
  • Validation en AG de la charte
  • Mise en place des actions de valorisation de la charte